Notre visite débute par l'exposition attribuée à Séraphine de Senlis, dont l'oeuvre est classée parmi les peintres primitifs.
Quelques superbes tableaux d'inspiration végétale, bouquets immenses emballent nos yeux, éclatante coloration aux coloris vifs, motifs harmonieusement distribués, feuillages stylisés décorés se rapprochant presque des motifs "d'indiennes".
Une impression générale envoûtante, ressenti d'une exaltation emprunte de gaieté. Le "buisson ardent" magnifique, que l'on devine être celui-là, même avant que l'on ne nous l'explique. Cet arbre penché pourtant plein de vie qui semble perdre ses feuilles si différentes entre elles, évoque-t-il l'automne ? Pourtant ce tableau n'est pas triste.
Cette corbeille de coings présentés en bouquet presque aérien, ces immenses brassées de fleurs blanches au tracé net, des fonds d'un rouge vif, les bleus d'un ciel pur de montagne, reflet exact des couleurs des vitraux traversés par le soleil, sans doute l'unique repère de cette femme mystique, mais si bien inspirée.
Ayant vu le très bon film retraçant sa vie, on ne peut qu'être emballés par son travail, qui est loin d'être du barbouillage.
Nous serions bien restés plus longtemps pour admirer encore de plus près la perfection des tracés. Certains de notre groupe regrettant de n'avoir vu le film, allaient réparer leur erreur. C'est dire si cette exposition est touchante.
Nous avons suivi notre conférencière vers les oeuvres de Maillol pour découvrir le corps sublimé des femmes nues de toute beauté, sous divers aspects.
Des statuettes d'études en vitrine pour les sculptures en marbre, en bronze, grandeur nature voire monumentales.
L'artiste s'est longtemps cherché, ayant travaillé la peinture, la tapisserie, la céramique, la terre, le bois, mais se réalisa dans la sculpture, vers 4O ans, mêlant la grâce des attitudes au naturel du geste, d'un corps sculpté sans défauts.
À la belle saison, nous pourrons admirer dans les jardins des Tuileries, certaines oeuvres de Maillol.
Ninette
Ce dimanche matin, nous avions rendez-vous avec

Ce terme de musée convient parfaitement aux trois salles à l'étage supérieur, où des vitrines renferment de nombreux documents, lettres, photos, journaux, portraits, objets divers, armes témoignages de cette vie bien remplie, permettant de raviver notre mémoire, depuis l'exposé entendu précédemment. Les explications de l'audio-guide complètent admirablement.
Cette impression que le Maître de maison, nous accueillant, va se présenter pour nous guider vers son bureau bibliothèque, aux murs couverts de livres, où se trouve sa table de travail magnifiquement sculptée, aux formes très particulières; là cet homme va s'asseoir, noircir du papier à l'aide, encore, de plumes d'oie ! Partout des souvenirs, collections diverses de coquillages, de kogos, d'art antique, ce qu'il aimait .
Dans la salle à manger garnie de tableaux, meubles et bibelots, autour de la grande table éclairée par deux gros globes vert pâle, munis d'un petit volant de tissu froncé, pour sans doute atténuer la puissance de la lumière, nous pouvons nous asseoir ; chaises, canapé, sont à notre disposition, tels des invités, accueil chaleureux et intime à la fois . Surprenant pour un musée ! C'était touchant. Là un instant, nous avons presque pu, comme nous recueillir.