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Activités des Adhérents

  • Film "Rebuilding"

    De Max Walker-Silverman avec Josh O’Connor, Meghann Fahy, Kali Reis

    Dans l’Ouest américain dévasté par de funestes incendies, Dusty voit son ranch anéanti. Il se retrouve en camp de mobil-homes, lieu précaire où se croisent hommes et femmes ayant tout perdu. Dans l’espoir de renouer avec sa fille et son ex-femme, il retrouve peu à peu la volonté de tout reconstruire.

    Comment faire ressentir sur grand écran le désarroi d’un homme qui doit survivre et reconstruire sa vie, en évitant tout mélodrame ?

    C’est là le défi que s’est lancé Max Walker-Silvermann qui nous montre un cow-boy qui n’a rien du héros viril du cinéma Américain. Accablé, les épaules voûtées, le regard égaré, il reste pudique mais déterminé à repartir de zéro en renouant avec les petites choses importantes de la vie.

    Au cœur de l’Amérique profonde, rurale, sur fond de superbes paysages, le récit sensible, doux, émouvant, est lent et tranquille. Parce que la reconstruction d’une vie demande temps et patience.

    Avec attention, on suit l’histoire dramatique de cet homme et des laissés-pour-compte, dénuée de tout pathos.

    Un film sobre, poétique, humain, avec des compositions admirables de tous les comédiens.

    Une fiction très réussie.

    MartineC

  • Film " La condition"

    De Jérôme Bonnell avec Swann Arlaud, Galatea Bellugi, louise Chevillotte, Emmanuelle Devos 
    Adapté du roman “Amours” de Léonor de Recondo 

    1908. Céleste, jeune bonne employée chez Victoire et André ; Victoire, épouse d’André, n’est pas une épouse “modèle”, se refusant à son mari. 

    André trousse Céleste qui ne tarde pas à se retrouver enceinte. Victoire propose alors de se faire passer pour la mère de l’enfant à une double condition : que Céleste renonce à ses droits sur lui et qu’André n’approche plus jamais son lit. 

    Le film renvoie aux conditions sociales, à l’opposition de classes entre les bourgeois et leurs bonnes corvéables à merci mais aussi à l’opposition de genres entre l’homme et les femmes qui l’entourent et le servent. Brutalité masculine à une époque où elle n’est pas questionnée. 

    La finesse d’interprétations des trois principaux comédiens est remarquable. Ce film, cruel, créé malgré cela un espoir inattendu et réconfortant grâce à l’alliance entre les deux personnages féminins. Ces deux femmes, que tout sépare, défient les conventions et les non-dits. 

    Une belle fresque socio-historique à découvrir. 

    MartineC

  • Expo "Ce qui se trame"

    À la galerie des Gobelins, cette expo nous fait voyager jusqu’en Inde.

    À l’entrée de ce jardin exotique, sont suspendus comme dans un léger souffle, une pluie de feuillages transparents, de fils de soie entrecroisés, contours, nervures et tiges brodés.
    Une robe de mariée aussi transparente est parée en partie de dentelle.v Les robes colorées, brodées de fils d’or ou de sequins, dans de soyeux drapés s’enroulent autour des corps. Le rouge et le jaune sont dominants.
    Sur les murs, des panneaux en tissu sont brodés de tiges fleuries ou de perles appliquées.
    Guidés par une musique douce, pas à pas, nous sommes immergés dans ce jardin. De tous côtés, le long des murs, les scènes colorées sont des représentations grandeur nature. Sous le feuillage épuré de l’arbre de vie, des corps féminins à la tête d’oiseau, ont un œil observateur. De tous côtés, des yeux imaginaires veillent sur le sol et les arbres, la vie dans la nature. Ces scènes sont présentées sur des panneaux de tissu matelassé aux piqures millimétrées.

    Tout n’est que beauté et savoir-faire en art manuel. Sachons reconnaitre ce que les lointaines artisanes invisibles nous ont transmis.
    Cette expo se termine le 4 Janvier, il est encore temps. Sinon, vous pouvez vous envoler vers l’Inde, vous rencontrerez les mains d’or.

    Annick D.

  • Film "Les enfants vont bien"

    De Nathan Ambrosioni avec Camille Cottin, Juliette Armanet, Monia Chokri, Manoâ Varvat, Nina Birman 

    Suzanne, accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa sœur Jeanne qui est prise au dépourvu. Elles ne se sont pas vues depuis plusieurs mois.  Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa sœur. Suzanne a fait le choix insensé de disparaître, lui laissant ses deux enfants. 

    Aucune procédure de recherche ne pourra être engagée, Suzanne étant majeure. Outre le vertige du vide laissé par une absence inexplicable, se pose la question déchirante pour Jeanne : prendre en charge les deux enfants ou les placer en famille d’accueil. 

    Les thèmes de la disparition inexpliquée, de la maternité et du désir (ou pas) d'enfant sont traités avec sensibilité, pudeur et lucidité par des acteurs de talent. Et bravo aux deux jeunes talents qui partagent l’affiche. 

    Un film puissant. 

    MartineC

  • Film "La voix de Hind Rajab"

    De Kaouther Ben Hania avec AmerHlehel, Clara Khoury, Motaz Malhees 

    29 janvier 2024. Les bénévoles du Croissant-Rouge reçoivent un appel d'urgence. Une fillette de six ans est piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza et implore qu'on vienne la secourir. Tout en essayant de la garder en ligne, ils font tout leur possible pour lui envoyer une ambulance. Elle s'appelait Hind Rajab.

    Sous forme de docu-fiction, ce film nous fait entendre la voix réelle de Hind Rajab enregistrée sur bande magnétique. À l’époque, cette histoire a défrayé la chronique.  

    Loin de me bouleverser, ce long métrage joué par des acteurs tout en laissant entendre la voix déchirée de cette fillette enregistrée au moment des faits, m’a mis mal à l’aise.  

    Fallait-il faire un film de ce moment tragique de la guerre ? 
    Il me semble qu’à l’heure actuelle, le cinéma tend à confondre documentaire et fiction. Cela me semble très dangereux dans la mesure où l’on risque de ne plus distinguer le réel de l’imaginaire. 
    Mieux vaut un documentaire instruit, réfléchi et finalement utile à l’information.

    MartineC

  • Film " Vie privée"

    De Rebecca Zlotowski avec Jodie Foster, Daniel Auteuil, Virginia Efira, Mathieu Amalric, Vincent Lacoste 

    Lilian Steiner, psychiatre, apprend la mort de l’une de ses patientes. Elle se persuade qu’il s’agit d’un meurtre en même temps qu’elle se culpabilise. Troublée, elle décide de mener son enquête. 

    Le cheminement et la vie privée des patients d’une psychiatre, la sienne, son intimité ou celle des autres, celle qu'on cache, celle qu'on trouve en introspection. Tel est le thème de ce film mené comme une enquête policière. Sauf que l’enquêtrice est.... la psychiatre dont on sonde la psyché.  

    Film déconcertant, loufoque mais brillamment mené par un casting hors norme : Jodie Foster-dont c’est le premier rôle principal en français-, Daniel Auteuil, Virginie Efira, Mathieu Amalric, Vincent Lacoste.... Les dialogues sont ciselés, le rythme soutenu. On stresse, on rit. 

    Un bon thriller psychologique frisant la comédie. 

    MartineC

  • Film "La femme la plus riche du monde" 

    De Thierry Klita avec Isabelle Huppert, Marina Fois, Laurent Lafitte.

    Une héritière belle, intelligente, puissante, rencontre un écrivain photographe, ambitieux, insolent, un peu fou qui la distrait de sa vie quelque peu ennuyeuse.  

    Cette histoire n’est pas sans rappeler l’affaire tragique des Bettencourt, sous la forme d’une tragicomédie où l’on assiste à la chute de la grande bourgeoisie où l’on se demande qui manipule qui. 

    La distribution d’acteurs exceptionnelle ajoute à la qualité de ce film. Certaines scènes sont subtilement drôles. 

    Engagé et réjouissant, ce long métrage est une réussite à tout point de vue. 

    MartineC

  • Film "Franz K."

    De Agnieszka Holland avec Idan Weiss, Peter Kurth, Carol Schuler 

    De son enfance à Prague à sa mort à Vienne, la vie de Franz Kafka, homme déchiré entre son aspiration d’écrivain et une existence banale. C’est son besoin irrépressible d’écrire, marqué par des relations amoureuses tourmentées qui l’emportera. 

    Un film très original quant à sa forme : ni biopic ni documentaire, il plonge le spectateur dans l’imaginaire cauchemardesque de Franz Kafka et pose la question de ce qu’il reste de son œuvre dans notre monde moderne. La façon dont la temporalité est traitée est très intéressante. 

    Certains passages sont délectables : comme un groupe de touristes parmi tant d’autres visitant les lieux où Kafka est passé, son bureau où il a écrit ... et les commentaires de la jeune guide qui ressasse à longueur de journée. Burlesque ! 

    Que connaissent ces touristes de l’œuvre de l’illustre écrivain ? Pour quelles raisons vont-ils “voir” ces lieux ? Sait-on que les écrits de Kafka ont participé à la littérature moderne et comment ? 

    L’acteur - Idan Weiss- est extraordinaire de ressemblance et vit littéralement le personnage. 

    Ce film est passionnant. 

    MartineC

  • Film " L'étranger"

    De François Ozon avec Benjamin Voisin, Rebecca Marder, Pierre Lottin 
    D’après le roman “L’étranger” d’Albert Camus 

    Alger, 1938. Le jeune Meursault, modeste employé, enterre sa mère. Le lendemain il entame une liaison avec Marie. La vie quotidienne reprend jusqu’au jour où son voisin Raymond l’entraîne dans des histoires louches jusqu’à un drame ultime. Meursault ne manifeste jamais la moindre émotion, comme spectateur de sa propre vie. 

    Un film respectueux du roman, en noir et blanc, aux cadrages superbes et jeux d’acteurs tout en subtilité. Les scènes du procès sont particulièrement remarquables. 

    Cette histoire me semble intemporelle dans la mesure où elle évoque le mal-être, la quête de sincérité face à un monde qui semble étranger, absurde par ses conflits et guerres incessants.  

    S’attaquer à un tel monument de la littérature Française était audacieux. François Ozon l’a fait, avec brio. 
    Un film à voir et un roman à -re-lire. 

    MartineC 
    *Visconti avait envisagé un film d’après “L’Étranger” de Camus mais y a renoncé, jugeant ce roman inadaptable au cinéma.