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Rentrée scolaire

C'est la rentrée scolaire. L'été est passé comme un éclair.
Je garde jalousement les images de la plage, des jeux avec mes cousins.
L'automne s'annonce et malgré le plaisir de revoir mes copines je me sens morose.

Dans la cour de récréation, les feuilles des platanes et des marronniers voltigent comme des folles dans un bruissement léger
Je sais déjà que la maîtresse va nous demander d'en ramasser quelques-unes pour les dessiner.
Mais pour moi, se dessine la saison du vent, de la pluie et du long chemin à parcourir à pied pour me rendre à l'école.
Heureusement, quand décembre pointe le bout de son nez mon moral remonte... pas vraiment au beau fixe car la neige et le verglas me rappellent que ce n'est que le début de l'hiver. 

Le jardin de mon grand-père est beau sous la neige.
Beau et silencieux. On dirait qu'il est lové dans du coton hydrophile.
Je surveille les oiseaux et je leur prépare des graines. Ces graines, à l'abri des intempéries feront le régal des petits passereaux.
Au printemps, ils chanteront mais aujourd'hui, sous l'effet du froid glacial, ils sont rabougris : ils se déplacent rapidement pour picorer les graines.
J’en fait autant .... sauf lorsque mes petits voisins me font signe de sortir pour fabriquer un bonhomme de neige 
paris,écriture"Viens vite. Il sera énorme. Ramène une carotte pour le nez et deux boulets de charbon pour les yeux.
Le chantier du bonhomme débonnaire est interrompu par des batailles de boules de neige. Batailles émaillées d'éclats de rire.
Notre chef d'œuvre s'appelle Nestor. 
Avant de me coucher je peux lui dire "Bonne nuit " à travers la vitre de ma chambre. 
Je crois qu'il me sourit. Je sais qu'il va veiller sur moi. Je m'endors tranquillement.
Quelques jours plus tard, la météo annonce un redoux... redoux fatal pour Nestor.
En effet, un soir, en rentrant de l'école, je ne vois plus Nestor. À sa place il y a une énorme flaque d'eau.
A t'il pleuré ?
J'ai quand même versé une larme.

Je suis intrépide en général
L'hiver, je me calme par la force des choses. Je ne peux pas lambiner en rentrant de l'école.
J'accélère le pas car j'ai hâte de me recroqueviller près de la cuisinière.
À peine ai-je enlevé mes bottes qu'une bonne odeur de gâteau me taquine les narines.
La magie de faire plaisir aux papilles avec presque rien a encore fonctionné et c'est Mamy qui a la baguette.
Mais, soyons francs, ces petits bonheurs ne me consolent de cette saison froide et humide qui n'en finit pas.
Alors, j'attends avec impatience les premiers signes du printemps.
paris,écritureLe premier crocus (violet ou jaune) me met en joie.
Ils sont les sentinelles du renouveau
Enfin, le jardin endormi se réveille au chant du merle.
Je suis encore une petite fille mais je sais déjà que c'est en mars que je reprends espoir.

Marief

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