Cet après midi, nous avions rendez vous avec Sandrine, qui nous ouvre les portes de son atelier de vitrailliste.
Le lieu, était autrefois une usine de serrurerie et de construction métallique. Aujourd’hui il sert parfois de lieu de tournage, le dernier en date "L’Affaire Bojarski" (sorti en janvier 2026)….
Dans cet espace, deux grands plans de travail sont installés. Sandrine nous invite vers celui, du centre, le plus grand.
Le vitrail "c’est comme" un puzzle… en verre !
Mais avant d’y parvenir, un certains nombres d’étapes sont à prévoir, et à respecter.
Sandrine, nous reçoit donc dans son atelier, pour nous dévoiler quelques uns de ces (et ses) secrets.
L’artiste, le vitrailliste, doit tout créer : du dessin, même lorsque le client fourni l’image, car il doit réaliser une "maquette", au montage des pièces. Il existe 3 types de vitrail : le "fusing", le plomb, et le Tiffany. À chacun, sa beauté, sa spécifiée… Sandrine, les pratiques, tous les trois.
Pour le fusing, ou fusion, les verres sont cuits au four, mais attention ! Tous les verres n’ont pas le même coefficient de dilatation, donc ils éclatent lorsqu’ils sont superposés, cela peut faire des merveilles, mais parfois…..
Le vitrail au plomb, plus connu… car pratiquement ancestral. C’est lui que l’on admire, très grand dans les églises.
Il est indispensable de prendre certaines précautions à cause du "saturnisme", porter des gants, des lunettes de protection, …..
La technique qui attire mon attention, et toute ma curiosité c’est la Tiffany !
Avec un T majuscule car elle porte le nom de son créateur…. (Louis Confort Tiffany 1848-1933).
Les étapes de création sont semblables pour le plomb et le Tiffany, tout ce joue, sur le liant…. Ce "petit truc" qui unit tous les morceaux du puzzle.
Avant tout il est donc nécessaire de réaliser une maquette définissant le nombre de pièces, et approprier à chacune sa couleur. Puis il faut en reproduire le tracé à l’échelle réelle en deux exemplaires, (un carton pour la coupe et un pour l’assemblage) un calque est aussi indispensable, pour d’éventuelle casse. Les pièces sont différenciées par un numéro, qui est reporté sur tous les supports afin de les identifier facilement.
Les pièces de verre, une fois découpées et poncées portent aussi ce N°, (3) qui pourra être effacés après la cuisson éventuelle qui fixe la couleur. Et mieux vaut n’oublier aucune de ces étapes, qui ont une grande importance, simplement pour reconstituer le puzzle.
Pour la technique Tiffany, le cuivre et l’étain sont utilisés.
Une fois la pièce de verre découpée son profil est meulé, pour adoucir les arrêtes et garder une épaisseur parfaitement plate. Puis la pièce doit être nettoyée avant d’y coller une bande de cuivre adhésive. Les bords de cette bande sont repliés sur le verre. Ensuite ils sont posés sur le support d’assemblage. Enfin, ils sont soudés les unes aux autres avec de l'étain, des deux cotés du vitrail. Voilà pour faire simple !
Sandrine nous fait découvrir le chant du verre ! Hé oui, lui aussi chante, c’est ce petit "bzz" que le coupe verre fait en passant sur la feuille de verre, pour tracer sa coupe.
Quant au plomb, en tige de 2 m, souple comme un spaghetti trop cuit, lui a, une âme et des ailes !...
Tout au long de ses indications, chacun de nous interpelle Sandrine de : pourquoi ? Comment ? Es ce que ?
Et puis Sandrine, nous dévoile son "arme secrète" ! Dés fois qu’il en faillait une, pour réaliser ces merveilles. Et tous, (ou 99 % d’entre nous) sommes, surpris, ébahi par ses ciseaux à 3 lames !
Ces ciseaux permettent le calibrage du papier. La lame du milieu permet de retirer une languette correspondant à l’épaisseur, 1,8 mm pour l’âme du plomb, ou 1,1 mm du ruban de cuivre + l’étain.
Il existe des ciseaux adéquats à chacun. Car sur un vitrail, de 120 cm, qui doit rentrer dans une charpente, 1,8 mm, multipliés par X fois, cela compte, et plus rien ne rentre à sa place !
Ces dernières décennies, certaines villes ont ouvrèrent leur monument pour recevoir les vitraux de grands noms de la peinture tel : Chagall (1887-1985) L’église Notre-Dame de Toute Grâce au Plateau d’Assy, et la Cathédrale de Reims. Henri Matisse (1869-1954) à la Chapelle du Rosaire de Vence. Et d’autre encore….
Avec "l’Art Nouveau" le vitrail devient un art vivant, pour être reçu à bras ouverts chez certains particuliers.
Merci à Sandrine de ces découvertes…. Et puis, pour ceux qui se sentent une âme et des ailes de plomb de vitrailliste, Sandrine propose des cours !!!!
Arletteck

