Cette balade guidée par Daniella, c’est faite dans le Quartier de la Gare. Mais quelle gare ?! C’est la première question que Daniella nous pose. Austerlitz évidement, qui est à proximité. Et bien non !! La gare fluviale (d’Ivry) qui fut construite à partir de la fin du règne de Louis XV. Il fallait ravitailler Paris qui s’agrandissait, et le moyen le plus rapide, le plus sûr c’étaient les fleuves !
Ensuite nombre d’usines s’installent dans ce coin au sud de Paris, pas encore celui d’aujourd’hui. Les grandes entreprise, pour beaucoup y resteront jusqu’en, 1990 dans ce qui est devenu le 13ème Arr. de Paris en 1859.
Le temps est passé, l’utilité initiale, n’a plus lieu d’être. La géographie du quartier est aussi bien modifiée.
Certaines rues sont crées dans le but d’aménager ce nouveau quartier, telle la rue Goscinny, qui est parsemée sur les murs, les sols, ou poteaux, d’expressions de ses progénitures Astérix et Obélisque.
Dans la rue Jean Anouilh créée à la même occasion, un bâtiment, reçoit les mots de cet auteur, alors que la sérigraphie s’invite sur les fenêtres d’un autre immeuble. Deux éléments peu courants dans Paris...
Pourtant certains murs sont restés. Que sont-ils devenus?
Les Grands Moulins, eux aussi, sont crées en 1919, à l'initiative d'Ernest Vilgrain, (sous-secrétaire d’État au ravitaillement), appelé au gouvernement de Georges Clémenceau pour que les Parisiens aient du pain. Ils produiront jusqu'en 1996 quelques 18 000 quintaux de farine par jour. Aujourd’hui l’Université Paris Diderot, lui fait place.
Les Frigos : La construction de la gare frigorifique a été décidée en 1919, moins d’un an après la fin de la Grande guerre. Là encore dans le but approvisionner Paris en produit frais grâce, à la Compagnie Ferroviaire Paris-Orléans mettant en place une grande chaîne du froid. Ces "Frigos" fonctionneront jusqu’à la fin des années 1960. Le transfert du marché des Halles à Rungis entraîne l’arrêt de l'activité en 1971. Aujourd’hui Les Frigos est un site de création et de production artistique situé, dans le bâtiment principal de l'ancienne gare. Le 31 décembre 2003 la Mairie de Paris, est devenue la propriétaire de plein droit des lieux.
Verrerie de la gare. En 1792 Jean-André Saget de Maker, ancien régisseur de la Verrerie Royale de Sèvres, fonde sur place la Verrerie de la Gare, dite aussi verrerie Saget ou verrerie de Paris, bien qu’il dépend alors de la commune d’Ivry-sur-Seine. À "une demi-lieue" de la capitale, la fabrique échappe aux taxes payées à l’octroi. Il s’agissait déjà d’emballage en verre pour conserver des articles périssables. La proximité de la Seine permet d’obtenir facilement les matériaux nécessaires à la fabrication du verre.
Aujourd’hui, elle abrite la Bibliothèque nationale de France (BNF site François-Mitterrand) dotée d’une coque de verre avec des livres. De l’ancienne fabrique, il ne reste rien, si ce n’est un panneau Decaux "Histoire de Paris" : La verrerie de la gare, au pied des marches de la BNF.
La SUDAC !! (Société urbaine d'air comprimé). Avant notre balade, j’en ignorais l’existence et surtout son utilité.
L'usine Victor Pott crée en 1879 l’usine alimentait Paris et sa proche banlieue de son réseau d’air comprimé. Cette pression nécessaire : aux ascenseurs hydrauliques, à la pompe des eaux usées, l’envoie de la bière de la cave au comptoir, et d’autres encore ! Sans oublier les aiguilles des horloges de Paris ! L’air comprimé est devenue dispensable !
Mais le 21 janvier 1910, la Seine monte c’est la "Grande crue" elle noie l'usine et cause l'arrêt de tous ses services. Les horloges de la ville se figent à 22h53. Après 13 jours d'interruption, l'usine reprend son activité : le 3 février. ! Elle fermera définitivement en 1994. Aujourd’hui la transformation de l'usine accueille l'école nationale supérieure d'architecture.
Pourtant si les rues sont originales dans leur aspect, si les vieux bâtiments ont trouvés un nouveau rôle tout en gardant un peu de leur silhouette, tout ce changement reste bien dénudé de boutique, restau,… ces petites choses qui font qu’un quartier reste "agréable à vivre". Et cette balade en pleine journée fut bien agréable, je réfléchirai pour m’y aventurer à la nuit tombée.
Arletteck

