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23.04.2015

Musée de Jouy-en-Josas

Avec un tel projet de visite nous ne pouvions qu'être "enjoués". Le Musée de la toile imprimée, ne pouvait que nous "impressionner" par la présentation de cette manufacture ancienne, qui créa des kilomètres de tissus colorés, en vogue depuis Louis XV jusqu'à l'Empire.

Des tissus aux traits précis, des dessins formés de lignes fines, produit extraordinaire du cuivre gravé.

En général, nous connaissions plus ou moins le nom d'Oberkampf, si ce n'est que par la station de métro sur une ligne populaire !...

Là, nous sommes entrés dans la vie de l'entrepreneur qui enchanta les plus illustres "lignées" de son époque, par ses étoffes de coton peintes (à l'origine, les Indiennes, dont l'importation et la production étaient interdites depuis Louis XIV). La prohibition fut levée sous Louis XV, c'est ainsi qu'Oberkampf graveur et coloriste à Mulhouse, est venu sur Paris dans le but de s'installer.

Grâce à ce génie qui bouscula la fabrication artisanale en une production industrielle, ses étoffes connurent la gloire tant pour l'ameublement (plutôt les scènes) que pour le vêtement (motifs floraux).

De la grossière planche de bois, puis la plaque de cuivre et le rouleau finement gravés, des motifs monochromes aux polychromes, des scènes champêtres, historiques, d'antiquité, ou relevant de l'actualité, des chinoiseries, des semis ou parterres de fleurs, tout ceci d'après les dessins du célèbre Jean-Baptiste Huet dont la production fut très abondante.

C'est l'espace de la campagne et l'eau pure de la Bièvre qui permirent l'implantation de l'immense entreprise pour laquelle Oberkampf consacra sa vie, méritant le titre de "Manufacture Royale" et lui-même recevant des mains de Napoléon, la légion d'honneur.

parisNous ne voyons que des vestiges mis en valeur par une riche collection, dans ce beau Musée. De nombreuses toiles sont exposées offrant des sujets variés (cliquez sur l'image) en fonction des goûts des époques traversées, des tenues vestimentaires, avec la possibilité d'apprécier de très près la précision et la finesse des motifs des plus grands aux plus miniaturisés.

Nous étions bien encadrés par un guide pour nous faire revivre cette entreprise composée de nombreux bâtiments, étendue sur 14 hectares,qui employa plus de 1300 personnes durant des décennies.

Toutefois sans entendre le bruissement de la petite rivière, ni la rotation des cylindres, sans l'odeur de la teinture ni frôler le souffle de l'étuve, pas plus que de saisir le bavardage des "pinceauteuses", sans suivre le va et vient des ouvriers transportant les lourds métrages à battre, ni surprendre les directives échangées de vive voix afin de surmonter les bruits de cette "ruche"... Pourtant j'ai senti, écouté, perçu l'atmosphère, touché des yeux la souplesse des toiles, vibré devant le travail de ces artistes passionnés. Croyant les voir se faufiler... Je les ai cherchés, en vain...

Toile de Jouy tu as enchanté les plus jolies femmes, tu as transformé, allégé leurs toilettes, portée aux nues par les Dames de la Cour, tu as garni les "bonbonnières" ces petites chambres calfeutrées si charmantes, tu as révolutionné le monde du textile, tu as perduré par ta diversité, tu es même devenue papier peint ou décor de vaisselle et agrémenté divers objets. Tu passes de mode, et l'on te retrouve encore et encore. En ce printemps du XXIe siècle, tu vois nous n'avons pas hésité à venir saluer tes maîtres et t'admirer dans tes couleurs d'origine superbement conservées. Tu es, et resteras dans notre mémoire, car la découverte de ton important Musée nous a offert un moment très agréable.

Mais il est vrai que justement, nous marquons le bicentenaire de la disparition de ton créateur : Christophe-Philippe Oberkampf.

Ninette

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